Trousse d'information à Montréal

Subir une chirurgie esthétique

Les Attentes Et Les Limitations

A l'orée du 21e siècle, la chirurgie esthétique a fait d'énormes progrès. Ce qui, il y a 20 ans, était utopie, est devenu actuellement réalité. Les opérations sont de plus en plus audacieuses, la clientèle et les professionnels de plus en plus ambitieux. Ceci n'élimine cependant pas les limites de la chirurgie; les attentes doivent être conséquentes d'un certain réalisme.

Il est indispensable que les rêves du client et les capacités de la chirurgie se rejoignent à un certain niveau. Celui-ci monte de plus en plus avec l'amélioration des techniques et l'expérience des professionnels mais il est important d'admettre qu'il ne peut joindre l'infini. Autrement dit, il est honnête de savoir définir et désigner les limites de la chirurgie au client et de confronter celui-ci en matière de prix à payer en souffrance, en cicatrices ou en d'autres inconvénients; comme il est souhaitable que le client définisse au professionnel ses attentes. La plupart du temps, celles-ci sont raisonnables et réussissent le rendez-vous avec les capacités de la chirurgie. C'est dans les cas extrêmes que le réalisable et le rêvé ne se rencontrent pas; c'est là que l'entrevue préopératoire peut être salvatrice et peut prévenir le malentendu.

Demande d’information

Les responsabilités du patient

Le chirurgien ne peut pas prendre la décision d'opérer à la place du client; n'oublions pas que nous sommes dans le domaine de la chirurgie esthétique et que dans un sens, les goûts sont différents d'une personne à une autre. Un changement dans l'apparence ne peut qu'être suggéré par le chirurgien, il devra être désiré par le client. Certes, il est du devoir du plasticien de conseiller le patient sur ses désirs mais il ne peut prendre la décision du changement contre la volonté du patient ou plus exactement, sans la volonté, ou le désir ou la conviction du patient.

Dès le moment où le patient décide de subir une chirurgie esthétique, il doit être conscient de sa responsabilité de s'enquérir des « pour » et des « contre » de l'opération envisagée. Ce document que vous tenez dans vos mains, devra servir à vous rappeler qu'il est bien important de revenir sur certains détails que vous n'avez peut-être pas compris lors de la première entrevue.

Il est bien connu que lors de la consultation, le patient ne retient qu'une fraction des explications du médecin. Il est aussi important d'aviser le médecin sur un quelconque problème de santé et surtout de bien le marquer sur la feuille qui vous aura été distribuée pour la circonstance de sorte à ce que le médecin et l'anesthésiste puissent être éclairés sur votre état de santé, donc à vous procurer le traitement le plus approprié en prenant le moins de risque possible.

De même, pour la plupart des opérations de chirurgie esthétique, il vous est recommandé d'éviter de prendre de l'aspirine dans les 3 semaines qui précèdent votre opération, l'aspirine ayant pour effet de bloquer la fonction des plaquettes et donc, de provoquer des saignements indésirables.

Utiliser le tylenol comme médicament de remplacement (acétaminophène)

Il est toujours recommandé qu'un patient fumeur cesse de fumer pendant les 3 mois précédant son opération afin d’éviter différents problèmes possibles attribuables à la cigarette (nécrose cutanée ou perte d'une certaine superficie de la peau dans les zones opératoires, mauvaise cicatrisation, nausées, vomissements et excès de toux au réveil, ce qui augmente les risques de saignement).

Clinique de chirurgie plastique Montréal

Il est souvent recommandé de perdre du poids quand on accuse une certaine obésité avant un certain nombre d'opérations (liposuccions et réduction mammaire, lifting des seins, des bras, des cuisses, du ventre). Si le chirurgien insiste sur cette perte de poids, soyez convaincu qu'il le fait pour votre satisfaction et votre sécurité. Les efforts que vous aurez déployés pour bien vous préparer à une opération seront bien récompensés car vous vous serez mis dans la situation la plus idéale pour entreprendre votre chirurgie.

LES COMPLICATIONS

Quel que soit le chemin parcouru par la chirurgie esthétique et le développement technologique spectaculaire des dernières années, on n'est jamais à l'abri d'une complication; celle-ci peut être influencée par différents facteurs.

De façon générale, les complications possibles se divisent en 2 grandes catégories, soit les spécifiques et les non spécifiques :

A) les complications non-spécifiques

1) les risques anesthésiques

a)   les risques graves : En Amérique du Nord au niveau de la population générale, les risques très graves  (décès) sont évalués à 1 sur 200 000 patients ayant à subir une anesthésie générale. Ce chiffre inclut les patients ayant des conditions physiques précaires et très précaires ainsi que les patients opérés pour des chirurgies à gros risques hémodynamiques (chirurgies à coeur ouvert, chirurgies intra-thoraciques, chirurgies des gros vaisseaux, etc).

Si nous excluons les patients en mauvaise condition physique et considérons seulement la clientèle de chirurgie esthétique, il serait raisonnable de considérer que ce risque tombe à un rapport de 1 pour 1 000 000.

b)   les complications anesthésiques moins graves regroupent les réactions allergiques au médicament ou tout autre effet toxique d'un produit ou tout autre réaction temporaire avec évolution favorable.

c)   les risques anesthésiques légers incluent les très petites réactions à l'anesthésie sans effet défavorable pour le patient.

d)   la réaction à l'anesthésie locale est aussi possible et peut aller de la simple rougeur de la peau à une réaction allergique sérieuse.

2) Les complications non-anesthésiques

a)   saignement (qu'il soit externe sous la forme d'hémorragie ou interne sous la forme d'hématome).

Dès que diagnostiqué, peut être traité en arrêtant les vaisseaux qui saignent et évacuant la collection sanguine.

b)   infection : Dès que diagnostiquée, peut être traitée et si non-négligée peut être jugulée assez rapidement.

c)   mauvaise cicatrice : Les cicatrices passent toujours par une phase inflammatoire de guérison qui peut durer de 1 à 2 ans pendant laquelle la cicatrice est rouge, parfois en relief, inflammatoire et même sensible. Ce n'est que passée cette période que la cicatrice mature, blanchit, s'assouplit et revient à la surface de la peau et donc, devient moins évidente. De façon générale, le massage et la pression sur la cicatrice peuvent l'aider à maturer et s'améliorer plus vite ainsi que l'application, pendant une longue durée, de certains produits tels que des produits siliconés, etc.

d)   les oedèmes (enflures) : Après tout traumatisme chirurgical, survient une phase inflammatoire de guérison. Suite à la rougeur de la cicatrice, nous rencontrons une infiltration des tissus environnants par les oedèmes; ceux-ci sont heureusement temporaires et dureront suivant le cas de 1 à 6 mois et même 12 mois dans certaines situations.

e) les résultats imparfaits : Vu la multiplicité des facteurs jouant un rôle au niveau de la guérison des plaies et des tissus, il n'est pas exclu dans certaines conditions de rencontrer certaines imperfections de natures diverses et de gravités diverses.  Celles-ci vont d'une cicatrice de mauvaise qualité jusqu'à la forme insatisfaisante, passant par l'asymétrie dans les chirurgies bilatérales ainsi que par les cicatrices déformantes, etc.

B) les complications spécifiques

Elles dépendront du type de chirurgie et seront donc énumérées subséquemment dans les différents chapitres.

Différents facteurs intrinsèques et extrinsèques peuvent contribuer à rendre les résultats de la chirurgie moins favorables.

1) Les conditions intrinsèques : Les maladies systémiques telles que le diabète, les artérites, les maladies auto-immunes, les maladies du collagène, l'hypertension, les infections, les insuffisances hépatique et rénale, les maladies cardiaques peuvent contribuer à aboutir à des résultats défavorables. Aussi, en présence d'une des conditions ci-dessus, faudrait-il les faire traiter avant d'entreprendre une chirurgie esthétique.

2) Les conditions extrinsèques : l'exposition au soleil doit être évitée dans la région intéressée par la chirurgie pendant une période de 3 à 6 mois suivant la chirurgie. Le tabac est extrêmement nuisible et agit en détériorant la qualité des petits vaisseaux sanguins nécessaires à drainer les facteurs de guérison aux tissus. Il est absolument obligatoire d'arrêter de fumer au moins 3 mois avant et après les chirurgies dans lesquelles la vascularisation périphérique est d'une extrême importance, tel que dans les liftings facial, mammaire, abdominal, brachial et crural (les cuisses).

Pour toute chirurgie située au niveau de la tête, la position demi-assise devrait être adoptée pendant la semaine qui suit l'opération. La mobilisation précoce du patient doit se faire en évitant de positionner la tête en position déclive (basse). Quel que soit le type de chirurgie, la mobilisation précoce et même très précoce aidera à éviter les phénomènes de stase, de phlébite et toutes autres complications subséquentes.