Facelift - Rythidectomie
Le "face-lift" ou "redrapage de la face" ou encore "rhytidectomie" consiste à pratiquer certains gestes chirurgicaux sur un visage alourdi par le poids des années, plissé par l'effet répétitif des contractions musculaires ou encore entamé par les effets néfastes de certains facteurs agressants extrinsèques (soleil, pollution, etc) ou intrinsèques (tabagisme, artérite, acné, etc).
Les signes de jeunesse sont: sourcils haut placés, front relativement lisse, pommettes hautes, lèvres relativement ourlées, pointe nasale haute, plis naso-géniens légers, absence de bajoues, absence de jabot, cou lisse, angle entre le menton et le cou bien défini.
Les signes de vieillesse sont: sourcils lourds, front plissé, pommettes vides, lèvres plissées et rigides, pointe nasale piquante, plis naso-géniens profonds, bajoues, jabot, cou plissé, angle menton/cou effacé.
De façon générale, on assiste à une perte des reliefs des parties hautes du visage avec chute des structures, plissage de la peau et accumulation des volumes dans la partie basse du visage - de façon imagée, on peut penser au renversement de la charpente du visage tel une poire qu'on a retournée (cliquez ici pour voir l'aperçu de la poire).
De là, on réalise que la rejuvenescence ne doit plus consister en la simple mise en tension d'une peau frippée mais en des gestes complexes judicieusement posés qui vont restituer au visage autant de caractères jeunes que le choix du geste a été " intelligemment" établi.
Autrement dit, à côté du classique décollement de la peau et de la traction qu'on fait subir à celle-ci, d'autres gestes simples peuvent, suivant le cas, apporter un changement plus subtil et une amélioration plus spectaculaire qu'ils soient ajoutés ou substitués à la traction cutanée.
De façon plus pratique encore, ceci pourrait vouloir dire que, dans certaines conditions, on pourrait améliorer un visage en lui redonnant un relief de pommettes plus qu'on le ferait en décollant et en tirant la peau. Ceci n'enlève rien au bénéfice qu'on tire d'une traction bien exercée sur la peau. Il s'agit de bien faire le bon choix au bon moment.
Les trois compartiments à considérer dans un face-lift.
Cliquez sur le tiers de votre choix pour avoir plus d’information.
Anciennement pour pratiquer un lifting du tiers supérieur, on avait recours à une incision dans le cuir chevelu ou juste en avant du cuir chevelu qui allait d'une oreille à l'autre. Actuellement, cette incision est évitable avec l'endoscopie: par 3 petites incisions de 1 cm chacune dans le cuir chevelu, on procède à toutes les dissections nécessaires pour tirer la peau, la défroisser, relever les sourcils, éliminer les petits muscles fronceurs des sourcils, tout cela avec le respect des branches vasculo-nerveuses de la région concernée. Cette technique permet de régler très élégamment et avec un minimum de délabrement une majorité des problèmes des pattes d'oie, la chute des sourcils, le plissement du front et de la glabelle (région de la base du nez comprise entre les 2 bases des sourcils).
Par une incision qui commence dans le cuir chevelu à la tempe à 5 cm au dessus de l'oreille et qui descend en passant derrière le tragus de l'oreille (cartilage de l'oreille) pour ensuite faire le tour du lobule, on crée un décollement de la peau suivi d'un décollement de l'aponévrose (gaine) des muscles de la face pour la suspendre dans une position plus haute, donc plus jeune (cette gaine s'appelle S.M.A.S. soit système aponévrotique musculaire superficiel).
Ce lifting ne compte donc pas sur une traction sur la peau pour créer le rajeunissement mais bien au contraire sur la suspension du contenu de la peau, ce qui a pour effet trois avantages:
- Le premier avantage vient de l'effet même de suspendre la gaine aponévrotique avec tout ce qu'elle enveloppe comme musculature et structures, cet effet reproduisant de façon plus naturelle l'ovale du visage jeune.
- Le deuxième avantage réside dans le support que le S.M.A.S. donne à la paupière inférieure , le reconstitution du relief jeune de la pommette, l'absorption des bajoues, la diminution de l'impression des cernes et du risque de relâchement de la paupière inférieure et de son renversement chez les gens âgés (ectropion).
- Le troisième avantage est celui du soulagement de la peau des forces de tension à laquelle on la soumettait et qui, par conséquent, étaient de nature à exposer celle-ci à une guérison difficile, déhiscence de la plaie, mauvaise cicatrisation et même nécrose de cette peau sur des surfaces variables. Toutes ces complications relativement fréquentes dans les face-lift conventionnels sont minimisées avec le décollement et la suspension du S.M.A.S.Pour finir de parler du lifting du 1/3 moyen de la face, j'ai la fierté de préciser qu'il a été créé dans notre propre milieu de travail soit l'Hôtel-Dieu de Montréal par un confrère et ami personnel le docteur Jacques Papillon vers la fin des années soixante-dix.
Deux approches peuvent être envisagées dans le lifting du 1/3 inférieur, selon que le tiers inférieur présente un jabot ou non.
- Dans le cas d'un jabot ou d'un effacement de l'angle mento-cervical Le jabot est cette chute des structures cutanées, sous-cutanées et musculaire. Dans ce cas-ci, il faut envisager d'abord une approche sous-mentonnière de 3 cm de long dans le pli transversal sous-mentonnier. Cette incision laisse une très belle cicatrice à long terme vu qu'elle est logée dans un pli naturel. Suite au décollement de la peau sous-jacente,une dissection subséquente du muscle peaucier (le platisma) permet la résection d'un triangle de ce muscle et la plicature des deux battants de ce muscle soit de proche en proche soit en bavaloise de sorte à remonter le plancher de la bouche et à restituer l'angle mento-cervical. Il est rare qu'on puisse se contenter de cette portion de correction du 1/3 inférieur, dans la majorité des cas, il faut la combiner à l'approche rétro-auriculaire.
- En l'absence d'un jabot ou une fois le jabot corrigé par l'incision sous-mentonnière, on passe à l'approche rétro-auriculaire L'incision débute au lobule de l'oreille, embarque sur la face postérieure du pavillon de l'oreille en se dirigeant vers le haut jusqu'à la limite entre le tiers moyen et le tiers supérieur de l'oreille et s'incurve de façon très douce pour aller se perdre de façon horizontale dans le cuir chevelu à 8 cm en arrière de l'oreille.
Le décollement de la peau se fait alors en-dessous de cette incision jusqu'à la région de la clavicule et communique, dans la partie médiane, avec le décollement du côté opposé.
Le décollement du platisma sous-jacent se fait à la façon du décollement du S.M.A.S., suivi de la plicature qui s'impose pour réaliser un lifting d'abord musculaire. Ce geste, tout comme au niveau du S.M.A.S., restitue l'angle sous-mentonnier et soulage la peau d'une tension trop intense. La peau vient tapisser toute cette région en laissant un surplus en arrière de l'oreille qu'on résèque et la fermeture se fait sans tension le long de la ligne d'incision.